Conseils pour la traduction

EU Coordination – Agence de traduction Nantes

La traduction est certainement un des exercices de langue les plus difficiles qui soient. Il révèle immédiatement la connaissance linguistique et la sensibilité littéraire du traducteur. Si le proverbe italien souvent mis en avant « traduttore, tradittore » (traducteur,traître — traduire, trahir) ne sera jamais complètement faux par le simple fait qu’il y a changement de langue, un bon traducteur fera qu’un texte sera apprécié de la même manière dans la langue de départ et la langue d’arrivée et que les deux lecteurs auront connaissance de la même histoire et révélation de la même sensibilité.

CONSEILS GÉNÉRAUX

Le lexique

Pour bien traduire un texte d’un langue dans une autre, il convient d’avoir une bonne connaissance du lexique dans les deux langues concernées. Il importe donc de lire régulièrement dans les deux langues et d’apprendre ce lexique. Apprendre ne signifie pas uniquement traduire un mot par un autre (maison = house), ce qui est déjà un type d’exercice, mais aussi savoir donner une définition du terme dans chacune des deux langues. C’est certainement le meilleur moyen d’avoir une connaissance des champs lexicaux, d’éviter des faux-sens, des faux-amis et de choisir, en fonction du texte étudié, le mot juste. La connaissance de l’étymologie des termes s’avère être aussi très utile dans la connaissance de la langue et en traduction.

Le principe est le suivant :
divers sens du mot –> sens du mot dans la phrase –> sens de la phrase

Enfin, il faut connaître des tournures idiomatiques propres à chacune des langues (et qui sont souvent des tournures métaphoriques), des proverbes, et rendre les métaphores de l’auteur par des tournures similaires. Par exemple :

Expression idiomatique : voir d’où vient le vent = to see which way the wind blows ou encore to see which way the cat jumps.
Proverbe : Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué = Don’t count your chickens before they’re hatched, mais aussi, et d’une manière plus populaire : It’s not over till the fat lady sings.

La grammaire

Une bonne connaissance de la grammaire des deux langues est aussi nécessaire pour bien traduire un texte. Ainsi, vous avez pu apprendre lors du cours de grammaire ou antérieurement que l’anglaise possédait deux formes du présent (forme simple et forme progressive) là où le français n’en posséde qu’une. De même les tournure françaises entraînant un subjonctif ne sont pas traduites de la même manière en anglais. Aussi est-il nécessaire de bien maîtriser les temps et la syntaxe de chaque langue. La pratique du thème grammatical s’avère être un bon exercice pour réviser la grammaire des deux langues et s’entraîner à la traduction.

L’esprit du texte

Pour bien traduire un texte d’une langue dans une autre, il faut d’abord en faire une lecture analytique détaillée — comme pour une explication de texte. L’époque à laquelle le texte a été écrite a son importance car une langue évolue constamment. Il faut aussi faire attention au point de vue du narrateur, aux déplacements dans le temps (vers l’avenir = anticipation d’événements, vers le passé = antériorité, discours indirect, rétro-récit), aux personnages mentionnés (et à la régularité de leur apparition), aux lieux mentionnés. Il faut aussi comprendre l’esprit du texte : pourquoi l’auteur a-t-il écrit ce texte ? Qu’a-t-il voulu montré ? Comment s’y est-il pris ? Quel est le ton qu’il y a mis ? Ces caractéristiques ont leur importance pour bien traduire le texte. Lorsque l’on prépare une traduction, on se retrouve dans un schéma littéraire. Voir ci-dessous : Conseils pour aborder un texte.

Principaux pièges à éviter

Si vous suivez les règles ci-dessus, il y a peu de chance que vous commettiez la faute de traduction la plus courante chez les débutants : le calque. Le calque consiste à traduire un mot, une expression ou une tournure directement de la langue de départ dans la langue d’arrivée, parfois au mot près. Le résultat est le plus souvent une mauvaise traduction qualifiée de « mal dit » ou « très mal dit » si le sens reste le même, et qui peut aboutir à un contresens (s’il y a un faux-ami ou si le temps calqué couvre une autre période dans la langue d’arrivée) ou, au pire, à un non-sens (voir ci-dessous).

Le faux-sens : il consiste à prendre un mot pour un autre. Il peut rester dans le même domaine lexical (maison = mansion, là où l’on attend house dans le texte) ou changer totalement de catégorie, (foyer = home, là où on attend hearth). La faute sera donc plus ou moins grande.

Le barbarisme : il consiste à écrire un mot qui n’existe pas dans la langue. Aussi important qu’un faux-sens grave.

Le solécisme : il consiste à construire une syntaxe qui n’existe pas dans la langue. Aussi importante qu’une faute de syntaxe grave.

Le contresens : comme l’indique son nom, le contresens aboutit à une traduction contaire de ce qui a été énoncé. C’est une faute importante (selon qu’il s’agisse d’une phrase ou d’un paragraphe entier), qui peut même être très grave. Imaginez, dans un contexte diplomatique, que la phrase « il veut conclure la paix » soit traduite par « he wants to wage war ». Au mieux, le résultat serait un renvoi du traducteur. Au pire, ce serait une catastrophe.

Le non-sens : le non-sens ne vaut rien. Il révèle surtout que le traducteur n’a pas relu son texte. Un non-sens est très pénalisé en examen. Bien évidemment, le reste du texte est aussi pris en considération car les enseignants ont conscience que les étudiants sont dans une phase d’acquisition et de perfectionnement des connaissances. Mais linguistiquement parlant, une énormité qui n’a aucune cohérence devrait normalement conduire le lecteur à rejeter le texte.

L’omission : c’est un abandon ou un refus de traduire face à la difficulté. C’est la faute la plus pénalisée. Il faut toujours essayer de combler le vide en fonction du sens général du passage. S’il s’agit d’un mot, vous risquez au pire un gros faux-sens. S’il s’agit d’une phrase, vous risquez au pire un contresens. Mais dans l’esprit de la traduction, un contresens est moins grave qu’une omission. Imaginez qu’un traducteur, parce qu’il ne sait pas, omette de traduire un chapitre d’une œuvre littéraire. Il y a trahison de l’auteur et du lecteur.

Autres fautes à éviter : les fautes d’orthographe, de temps et de syntaxe ; les sur-traductions ou sous-traductions (quand le traducteur dit plus ou moins que l’auteur du texte) et les mauvaises tournures (mal-dit, fautes de style).

CONSEILS POUR ABORDER UN TEXTE

Il n’y a pas de secret pour être bon en traduction. Il faut lire régulièrement dans les deux langues et faire des traductions le plus souvent possible. Cela implique aussi de bien connaître sa propre langue.

Face à une tâche, il convient de faire une bonne lecture analytique du texte (du genre explication de texte). C’est-à-dire qu’il faut lire le texte plusieurs fois, en prêtant attention à tous les éléments d’importance. Commencez donc par apprendre un lire un texte.

Lisez immédiatement le titre et la source :

Le titre peut être un condensé du sujet (c’est souvent le cas dans la presse).
Attention à certains titres contenant un jeu de mots, une tonalité particulière ou un effet de style (l’allitération est très courant dans les titres de presse de la langue anglaise) qu’il faudra essayer de rendre.
La source (par ex. nom du magazine, date de l’article) nous donne aussi des renseignements sur le public ciblé et l’esprit de l’époque dans laquelle le texte a été écrit.
A qui ce texte est-il destiné (genre de lecteurs — grand public, scientifiques, etc.) ? Le vocabulaire va dépendre de cette donnée.
Comprenez le sens global de l’histoire.

Que raconte le texte ?
Le narrateur est-il neutre ou prend-il position (en usant par exemple de tournures ironiques) ?
Le texte a-t-il un ton sérieux ou humoristique ?
Y a-t-il des changements de point de vue ? (cf. ci-dessous : style utilisés).
Tous ces aspects ont leur importance.

Etudiez la manière dont le texte est construit. Comment l’auteur s’y est-il pris pour construire son histoire ?

Combien y a-t-il de paragraphes et représentent-ils des parties logiques ?
Quels sont les temps utilisés ? Repérez le temps principal du récit et les autres temps (un changement pouvant être un retour en arrière ou une anticipation)
Combien y a-t-il de personnages ?
Quels sont les styles utilisés (narratif, direct, indirect, indirect libre, etc.) ?
Quel est le niveau de langue utilisé (langue formelle, usuelle, familière, etc.) ? Il faut le rendre lui aussi.
Repérez les termes difficiles ou tournures particulières.

Analysez leur sens dans le contexte.

Si vous ne possédez pas une traduction immédiate, sachez travaillez sur la langue en cherchant les synonymes.
Que dirait-on, dans un contexte similaire, dans la langue d’arrivée ?

Une fois tous ces repérages effectués, vous pouvez aborder la tâche en soignant votre style.

2017-11-30T12:26:40+00:00