LA TRADUCTION, TOUTE UNE HISTOIRE

Une histoire importante

EU COORDINATION et ses traducteurs souhaitent aujourd’hui vous faire découvrir l’importance et l’intérêt que revêt l’histoire de la traduction. En effet, la traduction et ses traducteurs ne sont pas un phénomène récent et il faut remonter loin dans le temps pour en trouver l’origine comme vous allez pouvoir le constater dans l’excellent article que nous publions cette semaine. Cette publication présente un intérêt particulier dans le sens où elle s’adresse aussi bien aux néophytes qu’à des traducteurs professionnels chevronnés.

Un moyen quasi-unique de réaliser l’unité de cette discipline

L’histoire de la traduction représente un moyen quasi-unique de réaliser l’unité de cette discipline en rapprochant le passé et le présent et en montrant les parallèles et les recoupements qui existent entre des traditions de pensée ou de pratiques culturelles divergentes. C’est dire tout l’intérêt que représente l’histoire de la traduction, cette branche de la traductologie dont l’objet principal est l’étude, sous tous les aspects, du phénomène de la traduction au cours des âges.
Mais quel que soit l’angle sous lequel on l’aborde, l’histoire de la traduction ne peut s’écrire indépendamment de l’histoire des empires, des cultures, des religions, des littératures, des sciences ou des échanges commerciaux.

Les premiers manuels

Les premiers manuels de traduction ne datent donc pas du milieu du XXe siècle, comme nous pourrions le penser en saluant la parution de la Stylistique comparée du français et de l’anglais de Jean-Paul Vinay et Jean Darbelnet, écrit : « […] cet ouvrage est sans doute le premier traité de traduction » (Mounin 1960 : 46).
En procédant à la genèse de la pensée théorique, l’historien de la traduction renseigne du même coup le théoricien sur la genèse du métalangage de la traduction, sur les courants d’opinion qui se sont succédés ou ont coexisté au cours d’une période donnée concernant la meilleure manière de traduire.

Le problème de la modulation

Cicéron et saint Jérôme amorcent en Occident la réflexion sur la notion de fidélité et esquissent déjà la théorie de la traduction transparente ou, comme on dit plus couramment maintenant, de la traduction cibliste; Horace pose le problème de la modulation; Jean d’Antioche et Jacques Amyot, celui des variantes stylistiques; Joachim du Bellay, quant à lui, dégage la notion de lacune et formule la règle de la compensation dans la préface de sa traduction du quatrième livre de l’Énéide (1552); pour sa part, Pierre-Daniel Huet disserte sur la notion d’ adaptation, tandis qu’Étienne Pasquier aborde l’épineux problème des limites de la traduction ou, si l’on préfère, de l’aspect intraduisible.

Définir le métalangage

Si l’on accepte que la pratique de la traduction et son enseignement font intervenir un ensemble de concepts et de procédures, et que la théorie puisse avoir comme utilité, entre autres, «de fournir au traducteur la maîtrise de ces concepts et de ces procédures, (…] de lui apprendre à les nommer, comme n’importe quel technicien apprend le nom de ses outils et des opérations qu’ il effectue» (Brisset 1990a : 240), on mesure alors toute l’importance de la genèse historique pour définir le métalangage de la traduction .

Les profondeurs historiques de la réflexion sur l’art

En descendant dans les profondeurs historiques de la réflexion sur l’art de traduire, le théoricien prend conscience de l’extrême relativité de la manière de traduire, et découvre que des motifs de tous ordres ont poussé les traducteurs d’autrefois à faire acte d’allégeance tantôt au sens, tantôt à la forme du texte étranger, quand ils n’ont pas tenté le difficile pari de concilier les deux.

Des perspectives d’apprentissage

L’histoire de la traduction ouvre également des perspectives d’apprentissage et des cursus de formations linguistiques intègrent déjà l’histoire de la traduction. Outre un plan de cours détaillé et des suggestions de travaux pour les étudiants, des supports pédagogiques comportent des diaporamas sur diverses périodes de l’histoire de la traduction, des ouvrages et références très complets. Résumés et comptes rendus, thèses, articles, chronologies, divers répertoires de traducteurs, traductions, portraits de traducteurs et d’interprètes, glossaires, dictionnaire biographique, recueils de citations sur la traduction et son histoire, etc… constituent aujourd’hui des ressources indispensables pour les étudiants futurs traducteurs soucieux d’aborder la traductologie.
Notre agence de traduction est impatiente de recueillir vos impressions et vos avis sur cette discipline devenue incontournable à tous les professionnels de la traduction contribuant ainsi à la conservation et à la diffusion des connaissances.

 

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