LES FEMMES ET LA TRADUCTION

EU COORDINATION souhaite vous transporter dans l’univers des femmes et de la traduction de langues avec excellent ouvrage intitulé « Portraits de traductrices » écrit par Jean DELISLE diplômé de la Sorbonne Nouvelle (Paris III) et directeur de l’école de traduction et d’interprétation de l’Université d’Ottawa. L’auteur nous fait entrer dans l’intimité de l’espace de travail de onze femmes traductrices de romans, d’ouvrages scientifiques. L’une d’entre elles a intégralement traduit la Bible tandis qu’une autre a publié un manuel de traduction. C’est par le biais de la traduction que ces femmes ont pu se distinguer socialement, entrer dans le monde des idées et s’exprimer à certaines époques où cela leur était refusé.

Un sujet très actuel

Le vieux débat sur la discrimination hommes femmes sur le lieu de travail, notamment en termes de rémunération, peut nous faire demander si cela s’applique à ceux qui œuvrent dans le secteur de la traduction. Selon les statistiques publiées par la Commission européenne, l’écart de rémunération moyen entre les hommes et les femmes en Europe atteint 16 %. Les cas où les femmes ont des qualifications de traductrices aussi bonnes, voire meilleures, que les traducteurs, mais où leurs compétences ne sont pas souvent valorisées au même titre que celles des hommes, ne sont pas rares en Europe.

La traduction un secteur favorable aux femmes

Malgré tout cela, la traduction semble être une carrière favorable aux femmes. Les recherches récentes sur ce sujet soulignent que la traduction est l’un des rares emplois qui offre une rémunération égale aux hommes et aux femmes dans la majorité des cas.

Tout d’abord, dans le cas des traducteurs indépendants, il n’est pas difficile de deviner que le sexe importe moins que dans un emploi où il faut être physiquement présent tout le temps. Cela s’explique principalement par le fait que votre employeur n’est pas sensé connaître tous les détails de votre vie personnelle. Ainsi ne peut-il pas vous apprécier en fonction du fait que vous êtes une femmes célibataire, mariée, divorcée ou mère par exemple. Ceci constitue raison bien connue pour laquelle certains employeurs préfèrent recruter des traducteurs plutôt que des traductrices.

En outre, lorsqu’il travaille en ligne, un employeur examine généralement en premier lieu votre expérience passée et votre évaluation, ce qui signifie que le professionnalisme prime sur les questions liées au genre. Il ressort du simple fait d’interroger quelques professionnelles de la traduction qui exercent en freelance sur leur expérience personnelle, qu’elles n’avaient jamais rencontré de problèmes liés au genre lorsqu’elles travaillaient ou essayaient d’être embauchées. Ainsi, il semble que la traductionindépendante soit un travail basé sur l’objectivité et la qualité du travail plutôt que sur la vie personnelle et d’autres détails.

La traduction une activité ouverte à tous les genres

Ce n’est pas une chose nouvelle pour les femmes d’embrasser la carrière de traductrice. Depuis au moins trois ou quatre siècles, elles utilisent la traduction pour revendiquer divers degrés de présence dans des scénarios sociaux, littéraires, culturels ou politiques. Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est l’ampleur sans précédent à laquelle les femmes traduisent dans différents domaines et institutions.

Par exemple, à l’heure actuelle, 66 % des personnes qui travaillent comme traducteurs et interprètes dans les institutions de l’Union européenne sont des femmes. Cela montre clairement que la question du genre dans la traduction n’est pas un problème, même lorsqu’il s’agit d’institutions politiques très importantes. Il s’agit évidemment d’une grande réussite et d’une preuve évidente de la capacité des femmes à se démarquer sur le lieu de travail et à lutter contre les mythes liés au genre.

Pour conclure, l’un des avantages d’être traductrice est d’éviter la discrimination entre les sexes. Le travail en free-lance, en particulier, offre la possibilité de travailler dans un environnement professionnel qui repose strictement sur des qualités intellectuelles. Au fil du temps, les femmes ont prouvé leur efficacité dans tous les domaines et, ces dernières années, elles ont réussi à surpasser les hommes en traduction dans des institutions élitistes telles que l’Union européenne. Il semble que le fair-play soit ce qui caractérise le métier de la traduction.

 

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